Je n'ai pas beaucoup posté par ici cet été (c'est le moins que l'on puisse dire

), ce n'est pourtant pas faute d'avoir eu quelques bonnes périodes. Malgré une saison globalement pourrie sur la France, les régions du NE semblent avoir un peu tiré leur épingle du jeu, ce qui n'était pas pour me déplaire, ayant passé une grande partie de la saison en Alsace. Voici donc un petite rétrospective des passages les plus marquants.
Certains d'entre vous ont sûrement déjà vu ces images ailleurs, j'ai quand même sorti 2/3 retraitements ou variantes histoire de changer un peu
On commence par quelques ciels esthétiques de mai. Je n'étais malheureusement pas dispo pour le seul orage notable du mois, le 11 mai ...
2 mai : Ligne d'averses orageuses sur l'agglo strasbourgeoise, vue de la cathédrale
25 mai : Orage peu consistant sans foudre, mais lumière magique avec le soleil filtrant à travers le rideau de pluie
Le début du mois de juin marque le début des choses sérieuses, avec le 6 juin une ligne d'orages fortement pluvieux sur le Bas-Rhin qui occasionne des coulées de boue, mais dont je ne pourrais profiter étant absent plusieurs jours.
La situation reste mouvementée avec de nouvelles remontées très instables en flux de sud les 9 et 10 juin, avec à la clé deux soirées très agitées sur la région. Dans l'aprèm du 9, un violent orage grêligène s'organise sur les Vosges avant de descendre la vallée de la Bruche et traverser le Nord du Bas-Rhin où il occasionne des dégâts avec des grêlons de 4/5 cm et de fortes rafales de vent. J'observe son passage à 15 km au SE du noyau dur :
J'en profite pour réaliser quelques animations en time lapse. La deuxième révèle une rotation anticyclonique sur la bordure est de l'orage :
Parallèlement, d'autres développements convectifs ont lieu sur le massif de la Forêt Noire. La bas de la colonne convective la plus au sud présente alors un nuage mur à rotation cyclonique, voire un imposant tuba sur la fin de l'animation, mis en évidence en contrastant fortement les images d'origine. Sur place, la brume m'a empêché d'apercevoir cette structure sinon il est clair que j'aurais continué l'animation plus longtemps ! Malgré quelques recherche sur les forums allemands, je n'ai pas trouvé d'infos complémentaires.
En soirée, un vaste système multicellulaire balaie la région :
Par la suite, la période la plus intéressante correspond à la première moitié du mois de juillet, où les conditions deviennent franchement estivales : comprendre chaud voire très chaud et humide, avec de fréquentes remontées de sud ou de sud-est qui font monter les températures à plusieurs reprises à 35°.
Le 3 juillet, la masse d'air ses déstabilise nettement avec quelques brefs mais forts orages orographiques en cours d'après-midi, tandis que la plaine jouit d'un brûlant soleil. En début de nuit, la convergence se met en place sur l'air chaud et humidifié de la plaine et de nombreuses cellules peu mobiles et très électriques poussent spontanément. L'activité se maintient assez marquée jusqu'à l'aube. Depuis les docks du port de Strasbourg, voici une superposition de 7 minutes de l'activité électrique d'une de ces cellules :
Le 10 juillet, la masse d'air se réchauffe à nouveau atteignant les niveaux les plus élevés de la saison : les maximales montent à 36/37° sur le Bas-Rhin dans un air assez humide, avec un humidex de 41° !
Les choses dégénèrent en soirée à partir d'un banc d'altocumulus castellanus sur les contreforts de la Forêt Noire. Je reste bouche bée en voyant en l'espace d'une heure un simple petit nuage préorageux se transformer en gros multicellulaire très électrique à base élevée, éclairé par le soleil couchant :
Seul regret de la soirée, avoir choisi un spot un peu trop au sud pour profiter pleinement de l'activité foudre exacerbée sur le Bas-Rhin et l'autre rive du Rhin.
Malgré tout, ce choix est justifié par la volonté d'insérer dans les compo un des nombreux châteaux du piémont, et s'avèrera payant grâce au développement plus tardif d'un intense orage vosgien : activité intranuageuse stroboscopique et rideau de pluie très dense qui déverse 67 mm en une heure sur une station des crêtes. C'est à l'arrière que l'orage est le plus photogénique :
Avec la mi-juillet, les dégradations orageuses prennent une tournure frontale à déplacement rapide bien moins favorable à la plaine d'Alsace. A l'avant de l'un de ces fronts, le 12 juillet, un phénomène anecdotique mais troublant : les fortes turbulences occasionnées par le flux rapide sur le relief forment un tourbillon dans la couche de cumulus qui traverse le ciel de Strasbourg pendant quelques minutes
28 juillet, changement de registre avec un ciel de traîne, dans un air remarquablement limpide qui permet d'observer des structures laminaires aux bases des ascendances qui traverses la plaine rhénane allemande
Dans la nuit du 26 au 27 août, un flux instable très rapide se met en place : un coup de foudre capturé par chance au 50 mm pendant qu'une tornade frappe l'Alsace Bossue à 40 km de là !
Bon, ce n'est pas encore vraiment plié avant mi-octobre mais les chances d'attraper encore quelque chose s'amoindrissent de jour en jour. Je croise les doigts pour les sudistes en attendant 2011 !